Après une saison passée à Istres, quelles sont selon toi les plus grandes différences entre un club pro et Seyssins

Sans hésiter l’implication que nous mettons tous les jours à l’entrainement, notre mode de vie pour l’équipe et pour tous ceux qui nous entourent. Seyssins est un club qui a beau évoluer en N3, c’est avant tout un club amateur, sans aucun sens péjoratif. Même si je n’étais pas sous contrat professionnel cette année, nous avons intrinsèquement une vraie responsabilité par rapport aux autres stagiaires et évidemment vis-à-vis du groupe pro. Nous nous devons d’être toujours à 100%... Il y a tellement de personnes qui gravitent autour du club, tant au niveau médical avec kiné, médecins que les supporters et les bénévoles.

 

Avec 10 saisons passées à Seyssins dans le gymnase qui porte dailleurs le nom de ton grand père, quels sont les évènements ou moments qui tont le plus marqués.

Il y en tellement… J’ai évidemment toujours en tête les compétitions UNSS au collège, mes premiers championnats de France UNSS quand nous étions parti avec Jacques… Nous avions terminé 4èmes, la pire place possible. Je suis ensuite montée en seconde en Pré Nat avec Pierre et puis ensuite en N3 à la fin de ma 1ère. A l’époque, je n’avais jamais joué de gros titres et je me suis blessé malheureusement avec ma double fracture de l’index, alors que nous avions presque un pied en N2 : c’est un épisode douloureux. Plus réjouissant, avec les p’tits sangliers, nous avons tout de même joué la finale de la Coupe de France M20 avec ce fameux top 8 en 2017… Personne ne nous attendait à ce niveau, et nous avions eu un parcours étrange en passant à chaque tour entre les gouttes, avec une équipe Pro bis et une équipe plus faible comme adversaires… En plus, je savais que c’était ma dernière saison avec les filles, c’était une raison de motivation personnelle supplémentaire. Mais finalement Seyssins, au-delà de moments particuliers, c’est surtout le sentiment et des preuves concrètes que j’ai toujours côtoyé des personnes qui me voulaient du bien, et je mets volontiers tous mes coéquipières, coachs et dirigeants dans le même sac (rires)

En parlant danciennes coéquipières, Nina Maurice ta cité dans une vidéo postée sur le net comme étant la plus connue de son répertoire téléphonique, cest flatteur, non ?

Oui… Bon, il y a prescription maintenant, je vais vous donner une petite anecdote : lors de l’enregistrement, j’étais derrière la caméra et je lui faisais des signes pour qu’elle cite mon nom à chacune de ses réponses, on a bien rigolé.

 

Vous avez lair de toujours bien vous entendre

10 ans, c’est pas rien, nous avons vécu tellement de choses ensemble depuis les années du collège jusqu’à la finale de la coupe de France ! Et il n’a pas que Nina, j’aime venir voir toutes les anciennes quand je suis de passage dans l’agglo. On sort ensemble, on ne porte peut être plus le même maillot, mais notre amitié reste vraiment très forte.

 

Cest pour cela que sur ta page Facebook, tu as toujours une photo de victoire Made in Seyssins ?

Exactement, 2016, c’était l’année où nous nous étions qualifiées pour le 6ème tour de la Coupe de France avec Pauline Brunet ou Julie Truchet… J’avais fait 2 rencontres énormes, et nous avions rencontré Béziers et Venelles au tour suivant : nous étions vite redescendues sur terre.

 

Quels conseils donnerais tu à des jeunes volleyeuses et volleyeurs qui te voit maintenant comme un exemple à suivre ?

De ne surtout pas se prendre la tête, de vivre le volley comme une passion, un loisir, un jeu pour passer du bon temps entre amies, tout en restant sérieuse par respect pour ses coéquipières.

Enfin, sur le sérieux, je ne suis peut-être pas le bon exemple donc faites ce que je dis, pas ce que j’ai fait (rires) ; donc pour résumer, avoir une bonne attitude lors des entrainements et des rencontres, un bon esprit d’équipe avec celui de compétition et surtout respecter l’adversaire.

 

Il y a un peu de nostalgie dans cette réponse, non ?

Nostalgie, je ne sais pas, mais je ne joue plus aujourd’hui qu’avec des amies, le monde professionnel retire une certaine partie enfantine à tout sport. Les filles de Seyssins me manquent, j’en parlais d’ailleurs avec Lori il y a quelques semaines… Après réflexion, ce n’est pas qu’elles me manquent, mais je pense souvent à elles. Nous avons avancé chacune de notre côté mais je suis consciente que je suis là où je suis aujourd’hui justement beaucoup grâce à elles : j’ai muri dans ma tête sur le terrain et elles ont toujours été là pour moi… Elles m’ont aidée en Pré Nat, en N3 grâce à leurs conseils techniques mais aussi en me recadrant quand je n’étais pas assez sérieuse justement, mais toujours avec un regard bienveillant… Ce sont des copines, elles resteront toujours dans un coin de ma tête.

As-tu un autre message à leur passer ?

Que l’on sort quand elles veulent (rires), que je suis tellement heureuse d’avoir fait tout ce chemin avec elles : je veux les remercier et je n’oublie pas les coachs comme Jacques, Pierre et Aurélien ! Merci, merci

 

Parlons de ton futur immédiat, tu as annoncé il y a quelques jours ta signature à Evreux dans le groupe Elite, cest un grand pas pour ta carrière.

Je suis très excitée à l’idée d’évoluer avec cette formation, je vais continuer à progresser, à apprendre en me frottant à du plus haut niveau. J’ai en plus la chance d’y aller avec Maureen Chanas qui évoluait avec moi comme stagiaire à Istres cette saison. Je suis heureuse de pouvoir faire partie de cette nouvelle aventure. En terme de position, je me suis toujours entraînée pour devenir pointue tout au long de ces années, mais je n’avais jamais eu l’opportunité d’évoluer à ce poste : c’est chose faite. Après la remise en forme de pré-saison, je serai de nouveau au top physiquement car les vacances ont été un peu longues : vivement la première journée

 

Et un jour, si tu quittes Evreux ,te verrais-tu revenir jouer à Seyssins ? Ou la page est-elle définitivement tournée ? 

Tournée ? On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait ! Mon avenir immédiat est à Evreux, je vais me donner à fond pour montrer aux dirigeants qu’ils ont eu raison de me faire confiance. Mais un jour, si jamais je reviens vivre dans l’agglo grenobloise, oui, je resigne à Seyssins. J’imagine que je retrouverai certaines anciennes collégiennes…

 

Même si le niveau est moins élevé ?

J’ai l’optique de jouer au plus haut niveau, mais je suis lucide, je ne pourrai pas y arriver toute ma vie. Donc non, cela ne me dérangerait pas. Le volley est un moyen formidable de voyager en France ou même à l’étranger, j’ai une chance incroyable et j’en suis consciente : qui ne reverrait pas de pourvoir mélanger sa passion et voyager en même temps ?

 Après 24 saisons sur les parquets, dont 12 à Seyssins, Myriam Vidal revient sur les expériences marquantes de sa carrière marquées par des hauts et des bas, en attendant un heureux évènement prévu pour le milieu du mois d’Aout…

 

Myriam, Combien d’années as-tu passé à Seyssins ?

12 ans au total...J’ai commencé à 18 ans sur le tard avec Olivier Savin en Haut de tableau de R2. J’adorais le volley, je touchais le ballon mais je connaissais rien à ce sport. J’avais bien sûr joué en UNSS, mais tu n’apprends pas grand chose, c’est du loisir, je ne connaissais pas les positions : et ça, c’était du chinois pour moi ! J’ai dû m’adapter plus vite que les autres. Le club ne savait pas trop quoi faire de moi, j’étais très volontaire et engagée, mais faible physiquement et techniquement. C’était une manière un peu hard de sauter dans le grand bain. L’année d’après par contre, j'ai rejoint la Départementale qui correspondait déjà plus à mon niveau. Je continuais à m’entrainer avec la R2, ce qui équivalait à 4 sessions hebdomadaires.

Mymy en 1995... #9

Tu as donc passé 12 saisons non-stop sur les parquets du gymnase local…

J’étais une vraie droguée du volley, je dois d’ailleurs être sur le podium du championnat de présence aux entrainements et rencontres sur cette période, j’adorais ça et j’ai eu la chance de ne jamais me blesser. Même si j’avais quelque chose de prévu un Dimanche en famille ou avec des amies et qu’il y a avait un entrainement ou un match de dernière minute, je donnais toujours la priorité au volley. Des super années avec plusieurs entraîneurs principaux tels que : Stephanie Camps, Olivier Liberelle, Olivier Costarella, et pour finir Jacques Lemeur. Du niveau dep, j’ai rejoint petit à petit le niveau N3. Je me suis toujours battue pour grapiller du temps de jeu et gagner ma place. Il m’a fallu être patiente et ça a payé l'année de pre-nat où nous avons accédé à la N3, l'une de mes plus belles années à Seyssins.

Jacques Le Meur t'entrainait donc à ce moment là…

Oui. Mais je n'ai jamais fait partie du sérail des seyssinoises qu’ils découvraient comme benjamines ou minimes. Je n’ai jamais fait partie des favorites, des vraies sportives, des protégées. J’avais tellement à rattraper techniquement et il y avait tellement de filles, d’excellentes joueuses au club. Je me battais, je me battais à chaque entrainement. Et un jour, Jacques a eu besoin d'une 7 ou 8ème joueuse et il m’a proposé de rejoindre la pre-nat. C'était sincèrement par dépit (avec Jacques pas de surprise au moins les choses sont claires! ). Mais il a reconnu par la suite « je pensais pas que tu en étais là » un beau compliment venant de Jacques ! Le travail a payé, j'ai continué à donner et progresser, et j’ai réussi à gagner ma place en Pré-Nat. 

Et nous accédions à la N3...

J'avais 28 ans et ravie de cette montée. Je pensais en rester là, consciente de mes limites, et avec un projet plus personnel d'avoir des enfants. Mais Jacques m'a convaincue de continuer une année de plus pour continuer sur cette lancée et conserver la stabilité du groupe déjà formé. Je ne me le suis pas fait dire 2 fois, j'ai signé de nouveau avec grand plaisir et le même engagement.

Mais tout ne s'est pas passé comme prévu...

Les années se suivent et ne se ressemblent pas...Un nouvel entraîneur a repris la main, Jacques souhaitant se focaliser sur la formation des jeunes.

Le rôle de libero apparaissait tout juste à l'époque. Mon point fort était la récep/def, et ce domaine de jeu était plutôt maitrisé par le collectif. Mais la dure loi du sport s'imposa, et je n'avais pas pris conscience que ça pouvait me mettre sur la touche du jour au lendemain. Le nouveau coach a fait le choix d'inclure une Libéro dans le collectif, qui prend habituellement sa place sur les centrales. Avec des centrales plus fortes et hautes que moi au filet, je n'avais plus de valeur ajoutée… c'etait évident. Mais je ne l'ai compris que trop tard...Dur constat d'un retour à la case départ, et que la N3 n'était certainement pas mon niveau. Et une preuve supplémentaire aussi que, à Seyssins, mieux vaut commencer très jeune si tu veux tenter le niveau national avec ce club.. !

Par contre un rôle de libero ne m'aurait pas déplu, même dans un niveau inférieur… Malheureusement la déception et le manque d'information m'ont fait baisser les bras...

Et tu as eu ton premier enfant...

J'ai eu mon premier enfant à 29 ans (Dorian, qui a 13 ans aujourd'hui), puis j’ai voulu retoucher du ballon juste en entrainement avec la prenat entraînée par Thierry Grenier. J'avais beaucoup de mal à défendre et à m'engager dans la balle, une appréhension difficile à expliquer… Je n'y étais plus! 

J'ai eu rapidement mon deuxième enfant (Mathis 11 ans). Le volley n'était plus dans mes projets. Mais il a fini par me rattraper! Quand on aime...

Tu as donc repris le volley rapidement après cette seconde grossesse, mais pas avec Seyssins, pourquoi?

Le cœur n'y était plus, quelque chose s’était cassé. J’ai repris le volley d'abord en loisir au boulot, sans trop d'attentes, seulement pour le plaisir de toucher la balle. J'ai même rejoint l'équipe FSGT d'HP en tant que Libéro pendant 2 ans (Environnement masculin, les filles volleyeuses étant plutôt rares à mon boulot). Expérience extra, mais particulière. Vaste et intéressant sujet qu'est la différence entre un groupe féminin et masculin! Dans tous les cas, le partage entre filles me manquait.

Didier Algoud qui bossait aussi à HP, mais également président du club de Volley de Saint Egrève, m’a proposé de faire un essai avec son club en R2. Je n’étais pas emballée au départ. Pas décidée de reprendre en compétition, et restée déçue de ma dernière expérience. Puis ayant touché du doigt le niveau N3, je doutais qu'un niveau R2 me nourrisse.

Je suis tout de même allée juger par moi-même : une belle surprise ! En plus du niveau, j'ai découvert des filles engagées et sportives, pour la plupart toutes de formation St Egrevoise. J’ai tellement aimé cette energie ce soir là que j'ai eu envie de rester.

C'était partie pour 5 saisons avec la Tequila team, où qui l'eût cru j'ai pris un rôle de recep 4, et j'ai appris énormément techniquement encore (J'avais donc à ce moment-là 35 ans)!

Nous avons accédé à la R1 en 2 ans, et avons frôlé la montée en pre-Nat. Je pense que ces années m'ont permis d'évoluer à mon niveau avec un peu plus d'anciennes sur le terrain.

Comment s'est passé ce retour à la competition? Physiquement, est-ce dur?

J’ai la chance de ne pas avoir connu de blessure en 20 ans de volley... et je ne pense pas que le fait d'être maman soit suffisant comme excuse pour justifier qu’on perde la pêche ou son physique. Je pense que c’est plus difficile, certes, de mener de front le quotidien entre le travail et les enfants, en gardant sa régularité aux entraînements. Mais je n'avais pas changé : toujours aussi engagée et le volley, les filles me le rendaient bien!

Quel a été le facteur déclencheur qui t'a fait revenir sur le parquet de Yves Brouzet?

A la fin de ces 5 années à Saint Egreve, plusieurs piliers ont souhaité arrêter, prendre leur retraite ou faire des bébés pour certaines. Le collectif n'avait plus la même couleur. C'est à ce moment là aussi que j'ai été prise de vertiges bien pénibles, handicapants au quotidien...la reprise du sport n'était pas envisageable.

Je suis venue voir le nouveau collectif vers la fin septembre. Quasiment 80% renouvelé et rajeuni. J'avais réglé mes vertiges… J'ai craqué de nouveau et j'ai rejoint ce nouveau groupe. 

N'ayant pas eu de reprise physique ni d'entraînement, les premiers matchs furent compliqués. Des désagréments du dos ont commencé à me diminuer et je n'ai pas retrouvé l'intensité des entraînements que j'avais connus. Puis je me suis mis à d'autres sports pour me requinquer physiquement, j'ai repris mon ryhtme, mais je n'arrivais plus à trouver mon compte lors des entraînements.

Je pensais m'arrêter là, mais c'est au dernier match face à Seyssins que l'envie de tenter une dernière année avec l'équipe de Pierre Burriand m'a titillée. Faut dire aussi que j'avais envie de rejoindre Emilie Vallentin, ex Libéro de Saint Egreve devenue mon amie aujourd'hui.

 

Mymy en 2016/2017 #6 en R1 (Entraineur Pierre Burriand)

 

41 ans, ça commence à faire quelques bougies! Pas trop dur cette dernière saison?

Grâce à une très bonne préparation physique et une présence à 100% dès le début d'année, je n'ai eu aucun soucis pour être dans le rythme. Malgré les bobos du dos, j’ai donné encore plus pour compenser ce handicap et le poids des années. Mais j'ai trouvé alors mes limites! J'ai commencé à avoir plusieurs déplacements professionnels, qui m'ont fait rater des entrainements...ce qui ne pardonne pas dans mon cas...bobos, pertes de rythme et fatigue.

Les filles quant à elles se sont montrées fortes physiquement et techniquement, je n'ai pas pu garder ma place en recep et j'ai très vite perdu mon niveau. C'est l'inconvénient de l'âge : il ne faudrait jamais arrêter, croyez moi!

La différence d'âge a été aussi pour moi particulière à gérer. 90% du collectif avait... 18 ans! Les filles passaient leur bac...J'avais presque l'âge de certaines de leur maman...

Mais le collectif de Pierre m’a fait plaisir, j'ai pu me challenger encore, et boucler la boucle.

Et après la naissance du petit dernier dans quelques jours, un retour est-il possible pour apporter ton expérience aux jeunes générations?

Je suis devenue ces dernieres annees une accroc du sport d'une manière générale. Alors mes baskets m'attendent avec impatience.

Quant au volley, je n'en sais rien encore. Ce sera d'abord une remise en forme. Mais c'est sûre que je ne ferai mon deuil que quand je ne pourrai plus bouger! Et j'ai encore de la marge :)

A Seyssins? A moins d'un niveau N3, je ne pense pas que la quarantaine soit un des créneaux du club! Mais monter une dep/R2 avec des anciennes un jour, pourquoi pas? ;)

François, peux-tu nous parler de ton parcours ?

Je suis né à Romans sur Isère. J’ai débuté et pratiqué le volley dans le club de Peyrins dans la Drôme. J’ai évolué dans l’équipe sénior comme réceptionneur/attaquant puis comme passeur. L’équipe jouait alors en R1 de la Ligue Dauphiné-Savoie, à l’époque c’était le plus haut niveau régional. A 16 ans j’y ai fait mes premières armes en tant que jeune entraîneur, avec une équipe de cadettes, à peine plus jeune que moi. Dans ma vie professionnelle je n’ai pas du tout débuté dans l’entraînement, j’ai commencé par travailler dans la une petite entreprise familiale de climatisation à Peyrins à la fin de mes études en électrotechnique. J’ai fait ce métier pendant une dizaine d’années en évoluant de simple monteur à technicien dépanneur et metteur au point. Suite à un licenciement, j’ai fait un bilan de compétences qui m’a renvoyé vers la formation, avec la volonté et le plaisir de transmettre et d’apprendre aux autres. En fait, c’est ce qui me plaisait le plus dans mon travail avec les jeunes apprentis. A 30 ans, j’ai donc repris mes études et je me suis remis à niveau avec des cours du soir. Je me suis ensuite rendu pendant un an et demi au CREPS de Wattignies à côté de Lille pour y passer un Brevet d’état (BEES). Formations et diplômes en poche, je suis revenu dans la région romannaise où j’ai postulé auprès des clubs drômois et ardéchois

 

 Mais ce n’était pas ta première expérience d’entraîneur …

Non, j’entraînais effectivement depuis l’âge de 16 ans, mais comme simple entraîneur bénévole dans le club de Peyrins. En fait, j’ai toujours aimé entraîner et j’ai l’impression de toujours avoir fait ça. Avec cette formation et ce brevet d’état en poche et après deux ou trois petites expériences dans des clubs autour de Romans uniquement sur des équipes jeunes, le club de Fontaine m'a contacté en 2000 et m’a embauché en tant que salarié pour encadrer les deux équipes de N3 filles et garçons. Petit à petit, j’ai délaissé le secteur sénior pour me consacrer aux secteurs jeunes et à la formation du jeune joueur. Une place à la Ligue s’est ensuite libérée, j’ai postulé et j’ai intégré la Ligue Dauphiné-Savoie en 2001. Depuis, je suis employé d’abord à la Ligue Rhône-Alpes de Volley-ball et maintenant Auvergne Rhône-Alpes de Volley.

 

François Deroux

Comment es-tu tombé dans le volley ?

J’ai commencé le volley à l’âge de 7 ans, alors que le club de Peyrins ne possédait pas encore son propre gymnase. Nous devions alors nous entraîner et jouer dans les gymnases de la ville de Romans. J’ai 6 sœurs et 2 frères et tout ce petit monde jouait et vivait volley, sauf mon grand frère qui jouait au foot, trop nul ; Tout comme la musique d’ailleurs, c’est une particularité de cette fratrie nombreuse : volley et musique.

Question volley, j’étais dans une génération où il n’y avait pas de garçon, j’ai donc évolué jusqu’à 16 ans avec des filles comme uniques partenaires d’entraînements et de matchs. Je n’ai jamais lâché le morceau, jamais abandonné … j’aimais trop le volley pour ça !

 

Pour revenir à la Ligue, quel est ton rôle exact ?

J’ai été embauché à l’époque de la Ligue Dauphiné-Savoie comme ATR pour le secteur développement essentiellement, mais aussi pour l’organisation et l’encadrement des stages CRE M15 (qui s’appelaient CREF à l’époque).  Maintenant mon travail et mes missions se sont étoffés et les taches sont multiples et diverses : interventions dans les écoles, dans les clubs pour le jeune joueur. Cela peut aussi être des stages auprès des comités ou de la Ligue. Une autre part du job est de créer aussi des licences (grâce aux séances Smashy pour l’essentiel) pour que les jeunes évoluent en club par la suite. Pour revenir à la Ligue, une partie de mon travail est dévolue à la formation des entraîneurs (EEVB 1&2, BEF5 et BEF4) et du jeune officiel UNSS. Je m’occupe aussi de la section sportive au lycée des Eaux Claires de Grenoble depuis deux années maintenant. Nous y accueillons uniquement des jeunes filles qui viennent des départements de l’Isère, mais aussi de la Drôme, de l’Ardèche, de la Savoie et Haute-Savoie. Les filles s’entraînent 2 heures en volley et 1 heure en musculation. Je travaille en coopération avec un professeur d’EPS du lycée, très investi. Nous espérons ajouter une heure d’entraînement volley l’année prochaine. Je suis aussi en charge de monter, d’organiser et d’encadrer les trois stages d’été de la ligue.

 

Qu’est ce qui est le plus chronophage ?

 Justement, la préparation et la mise en place de ces stages d’été, mais aussi la communication et la promotion. Bien évidemment, la préparation des séances d’entraînements volley et musculation.

 

… Des stages d’été qui se sont remplis bien vite ce printemps !

Trop si on en croit certaines familles, pas mises au courant dans les premiers jours il semble. Nous bénéficions d’une très bonne image sur ces stages, qui sont un peu victimes de leur succès. Méaudre et Crest sont pris d’assaut par les familles et depuis 10 ans nous sommes à chaque fois complet. Nouveauté cette année : Vallon Pont d’Arc, le tout nouveau stage Elite. Il est basé sur la préparation à la salle destiné aux M17/M20 mixte, avec de la préparation physique et technique au CREPS. Les 30 jeunes seront encadrés par Sébastien Goudal, Fabien Roy, Arnaud Gaillard et moi-même.

 

En regardant les listes, il apparait que la grande majorité des stagiaires sont déjà licenciés dans un club… Est-ce que tu n’as pas des regrets que ces stages ne soient remplis par des non volleyeurs ?

 Je vais aller même plus loin, dans l’idéal, il serait formidable que 100% des enfants des stages de Méaudre et Crest soient non volleyeurs ! On manque certainement de compétences dans la diffusion et la promotion de l’information de notre discipline : j’ai un bon réseau, mais il est surtout basé sur les clubs et les licenciés FFVB. Cela a un côté un peu limitant qui montre ses limites pour toucher un public plus large non licencié. L’idéal serait de créer des événements, des licences événementielles comme c’est le cas actuellement. D’ailleurs, tous les gamines et gamins non licenciés FFVB présents sur nos stages prennent une licence la saison suivante, c’est du 100%, même si il est vrai qu’ils ne sont pas très nombreux.  La qualité est là pour donner envie aux enfants de continuer à jouer ou à débuter leur carrière de volleyeur. Cela ne s’applique bien sûr pas au stage du mois d’Aout pour les M17/M20 qui est réservé, lui, uniquement aux volleyeurs.

 

As-tu des projets particuliers à court et moyen terme pour promouvoir le volley dans la région ?

Oui, l’idée pour les stages serait de pouvoir en proposer pendant tout l’été, voir toute l’année sur les petites vacances scolaire. La question de l’encadrement est un frein aujourd’hui. J’aimerais que mes collègues de la Ligue et moi-même puissions les encadrer, mais les plannings sont tellement chargés qu’il est très compliqué à l’heure où je vous parle de le faire. J’aimerais aussi continuer à proposer des tarifs stages abordables et raisonnables pour qu’un maximum de familles puisse y participer.

 

Pourquoi ne pas demander un budget supplémentaire pour employer des personnes externes ?

 Le budget est le nerf de la guerre effectivement. Engager des personnes hors employés ligue pour encadrer nos stages d’été serait très coûteux et nous avons malheureusement des moyens limités. L’idée de ces stages est aussi faire des bénéfices pour qu’ils soient réinjectés dans le développement et la promotion du volley.

Autre exemple, pour les opérations Smachy, la fédération française de Volley a une enveloppe globale pour le développement, cela inclut le site internet, les équipements gadgeterie, les fascicules, les plaquettes, le Soft volley, le volley assis … la FFVB est actuellement en discussion avec Décathlon pour pouvoir offrir aux professeurs d’EPS, aux écoles de volley, aux sections sportive … un kit volley pour promouvoir notre sport. L’idée serait de présenter et proposer ce kit à l’ensemble des personnes qui de près ou de loin font pratiquer le volley dans les écoles, les collèges, les lycées, mais aussi à des écoles de volley dans les clubs fédéraux. Ce serait un vrai plus pour le volley en France. Tout cela coûte de l’argent que le secteur développement n’a pas … c’est dommage !

 

Quelle est ton analyse de la qualité de la pratique du volley dans la région et dans le département plus particulièrement ?

Le constat n’est pas très brillant malheureusement. Nous avons perdu beaucoup d’équipes seniors qui évoluaient au niveau national. Si on prend un peu de recul, quand je suis arrivé à la ligue Dauphiné-Savoie en 2000, il y avait une dizaine d’équipes par genre qui évoluaient au niveau national 3. Aujourd’hui, nous comptons en N3 0 équipe masculine et seulement 4 équipes féminines. Dans le même temps, et c’est peut-être un paradoxe, nous avons beaucoup d’équipes jeunes engagées en coupe de France ces dernières années. Oui il n’y a pas de titres de champions comme à Seyssins avec ses cadettes il y a quelques années déjà, mais régulièrement, certaines équipes de l’agglomération vont au 5ème, 6ème et 7ème tour, voir jusqu’aux phases finales. Nous avons quelques résultats avec des joueuses et joueurs issus de la formation aux Volleyades M15 et aux Volleyades M13. Nous n’avons pas de titres évidemment, mais nous tombons souvent face à des équipes comme celles de la région PACA et autres qui bénéficient et s’appuient sur des structures des clubs Pro. Ces gamins et gamines voient leurs ainés tous les week-ends jouer au niveau le plus haut national voir international, ce qui crée un cercle vertueux. Nous ne bénéficions pas de cela sur l’agglomération, nous devrions au moins avoir une équipe Pro masculine et une féminine… Le nombre d’équipes et le niveau ont tendance à baisser. Il suffit aussi de regarder le nombre d’entraînements hebdomadaires : les équipes en N3 s’entraînent moins qu’avant. Le Volley a tendance à devenir « Loisir », avec une volonté et un désir de jouer plus en semaine, sans contrainte sur la vie familiale et sur sa vie perso en général. C’est un constat que l’on peut regretter, mais c’est notre réalité …

 

Tu évoquais le 7ème tour de la coupe de France, tu en as connu un avec Fontaine cette saison : qu’est-ce qu’il vous a manqué pour atteindre la Finale ?

En préambule, il faut savoir que c’est la même génération de filles que celle qui a été aux phases finales M13 à Saint Jean d’Illac l’année dernière. Cette année au 7ème tour, seul un club sur 3 était qualifié au lieu des 2 habituels. En effet le club organisateur des phases finales avait la possibilité d’être automatiquement qualifié pour le top 12. Nous échouons donc aux portes des phases finales certes, mais nous n’avons rien à regretter. Avec le recul, je n’espérais jamais pareil résultat. Il faut bien se rendre compte que les gamines jouaient encore en 4x4 benjamines au mois de juin 2017. Cette année, le ballon, les dimensions du terrain, les impacts, les vitesses, tout a changé. J’espérais 4 tours au maximum cette saison. Même les parents ne pensaient jamais que nous irions si loin. C’est vraiment un exploit pour notre petit club. Depuis deux ans nous avons rencontré des équipes comme Cannes, Le Cannet, Mulhouse, Rixheim, Kingersheim, Yutz Thionville des clubs féminin, pour certain pro, qui trustent les phases finales et les podiums depuis de nombreuses années … c’est un autre monde. La plupart des filles jouent en Nationale 3 ou en Pré National, alors que les nôtres évoluent au niveau départemental, en PRJ. La plupart de ces filles sont en Pôle espoir ou autres structures club. Cette année, contre des équipes comme Mulhouse et Thionville,  il y avait aussi un an d’écart et à cet âge-là, la différence au niveau du physique est monstrueuse. Quand tu sors du jeu benjamin et que tu te confronte à des équipes rompues au jeu du 6x6, ce n’est plus le même volley, ce n’est plus le même sport.

                                                       

Et au niveau mental ?

La difficulté avec filles est d’arriver à les engager dans les duels et l’agressivité : au service, tu es en duel avec la réceptionneuse en face, la passeuse est en duel avec les contreuses adverses, elle doit réussir à mettre ses attaquantes en 1 contre 1 si possible, idem pour l’attaquante face à une contreuse ou à une défenseuse … Le garçon n’a en général pas ces soucis sur l’engagement. La jeune fille est plus là pour appliquer ce que l’entraineur veut … Le trait est gros, voir caricatural, mais cela reste scolaire, très didactique chez les jeunes féminines. Mes entraînements sont basés sur le « leight motive » suivant : « les filles, on est là pour se battre, pour se faire mal, c’est difficile, c’est fatiguant ». Les filles ont en plus besoin, elles ont besoin de travailler sur l’aspect mental pour se dire qu’on va sur des duels. D’ailleurs, quand nous sommes éliminés au 7ème tour de la coupe de France contre Thionville, on perd certes et les filles pleurent sur le coup, mais très vite les sourires effacent les larmes. Les filles ont mis les éléments pour contrarier notre adversaire du moment, tant dans l’intensité que dans les duels… Mentalement, les filles avaient traduit leur engagement par des peintures de guerrières sur les joues. A l’inverse, la finale ARA M15 a été une contre performance avec cette 3ème place en mai dernier, durant laquelle on n’est pas allé dans l’engagement et les duels, on a refusé le combat. On a des savoir-faire que nous n’avons pas su mettre en exécution.

 

Se sont-elles vues trop fortes face à Romans ?

Sincèrement, je ne pense pas, au contraire même, Romans nous avait battus en coupe de France chez nous. Ce match était une finale programmée et une sorte de revanche pour les filles. Mais comme les romanaises perdent leur match de poule contre le CASE, nous rencontrons le VBR en demi-finale et là, nous n’étions pas prêts. Il nous a manqué cet esprit guerrier. J’espère que les filles retiendront la leçon ! Pourquoi tombons-nous …

 

En remettant ta casquette Ligue ARA, quel regard portes-tu sur le club de Seyssins ?

Si l’on prend un peu de recul, dans l’agglo, Seyssins a toujours fait parti des clubs formateurs, notamment en filles. L’élément crucial et déterminant : avoir un professeur d’EPS au sein d’une structure scolaire (un collège), c’est une sorte de lobbying quotidien pratiqué qui a montré ses avantages tout au long des années. C’est une manne humaine au niveau du club juste incroyable. Si tous les clubs avaient cela, cela résoudrait 90% des problèmes de l’alimentation en jeune joueur. Bon, après, il faut pouvoir les accueillir (créneaux horaires et encadrement), mais quand tu as un robinet ouvert qui t’amène toutes les années entre 6 et 10 M13, tes équipes M15, M17 & M20 sont alimentées constamment. C’est un point essentiel pour faire vivre un club et les équipes séniors par la suite.

 

Et vous n’avez pas cela avec le collège Jules Vallès ?

Non pas encore. Aurélien est arrivé il y a deux ans en tant que professeur EPS « spécialisé volley ». Il n’avait pas pu monter une AS la saison passée, mais la structure devrait-être en place en septembre 2018, enfin nous l’espérons. L’idée serait de tisser un lien fort et direct avec le collège, comme celui qui existait entre le collège de Seyssins et l’UAS grâce à Jacques. Cela dépendra aussi du nouveau chef d’établissement, mais la création d’une filière masculine et féminine est dans les tuyaux. Nous avons beaucoup d’espoirs …

 

Un dernier mot ?

Oui, j’aimerais parler de la formation du jeune entraîneur au niveau régional. On m’a également confié cette responsabilité de la formation de l’éducateur de volley (EEVB 1&2). J’adore cela car cette formation s’appuie sur les apprentissages en école de volley (du Baby-volley au M13) et les pratiques des jeux réduits. C’est une clef de voute du club pour rentrer dans la compétition et l’accueil du jeune pratiquant, à cet âge-là c’est essentiel. Former des jeunes, c’est développer son club, mais c’est aussi un excellent moyen d’alimenter ses équipes fanions avec des jeunes joueurs et joueuses formés au sein du club. Le haut niveau, ce n’est pas seulement le niveau national séniors 6x6. C’est aussi amener une équipe jeune jouer une phase finale des Volleyades M13 ou une phase finale de coupe de France M13. Ce n’est pas parce que c’est du jeu réduit qu’on ne peut pas faire du haut niveau. Techniquement, tactiquement et au niveau de l’organisation, c’est une approche du haut niveau et c’est super pointu.

Savoir organiser un plateau jeunes en 1x1, 2x2 ou 3x3, savoir bien accueillir des primo arrivants et leur famille, accompagner des jeunes sur des compétions quel qu'elles soient, connaitre le fonctionnement de son département, sportif et technique, tout ça est dans la formation de l’EEVB 1&2.

C’est pour tout cela que les clubs ont intérêt à envoyer en formation leurs jeunes entraîneurs.

Merci à François pour avoir avoir trouvé du temps pour cette interview !

Dim Ratahiry, qui a évolué à Seyssins avec l'équipe 1 masculine pendant les saison 1996/1997 & 1997/1998, nous parle de sa vision du volley, de sa fille Léia en équipe de France et des leviers pour intéresser la jeunesse dans ce sport

 

Dim, quest ce qui a changé entre tes années Volley et celles de tes enfants ?

Les enfants commencent bien plus tôt, il y a moins de masse mais le niveau technique a progressé. A mon époque, on commençait le volley à 13, 14 ans après avoir essayé un ou deux sports. Désormais, commencer à cet âge-là est plus difficile car les plus jeunes ont accumulé de la technique et de l’expérience en 3 ou 4 saisons… Il est plus dur pour les ados de raccrocher le wagon dans un sport très compétitif. Pour moi, Seyssins a toujours été un exemple dans la formation et a toujours cherché à prendre des poussines et benjamines pour les amener à maturité technique à 14-15 ans. Si l’on prend le cas de Mymy Vidal qui a commencé ce sport il y a 25 ans à 18 ans… elle aurait eu du mal à s’intégrer aussi facilement de nos jours et elle serait certainement mise de côté par les entraineurs et les autres joueuses ; on évite d’investir sur des jeunes qui commencent tard, les débouchés sont rares. A 15 ans, les jeunes d’aujourd’hui savent jouer à tous les postes, certainement mieux qu’un adulte qui aura plus de mal à débuter sur un nouveau rôle. La génération actuelle apprend très très vite. Je le vois toutes les semaines à travers mes filles et les plateaux CD38… Le jeu est désormais mature chez des M17 première année !

 

Evoquons le cas de ta fille Léia, comment expliquer cette ascension du club du Touvet à lEquipe de France M17 ?

Léia a commencé très tôt le volley et ses sélections en Equipe de France sont pour moi une grande fierté. Je pensais la mettre plus tard dans ce sport mais mon frère m’a poussé pour l’y mettre le plus tôt possible. Cette année lui a donné raison. C’est dingue car elle avait 10 ans encore hier avec son heure hebdomadaire au Touvet… Elle n’était pas novice, mais elle a explosé ensuite à Saint Egrève puis à Grenoble…

 

Quest ce qui fait selon toi la différence entre elle et une joueuse lambda ?

L’environnement familial doit y être pour beaucoup, elle a vu son papa, ses cousins, ses oncles et tantes jouer et parler volley depuis qu’elle est toute petite : Elle s’est de plus imprégnée naturellement de la gestuelle en nous regardant jouer ! Elle avait de l’avance et tout est allé très vite pour elle : elle a évolué avec les adultes en Régionale dès sa première année chez les minimes et en N3 la saison passée en tant que cadette. Elle intègrera dans quelques jours l’Institut Fédéral de Volley Salle après avoir remporté en M17 les championnat de France de Beach cet été ! D’ailleurs, elle aurait aussi pu intégrer l’IFVB Beach, mais elle a du faire un choix…

 

Tu as 2 filles qui arrivent juste derrière, en vois-tu une suivre le même chemin que celui de leur grande sœur ?

Jade est forte mais manque peut-être un peu de physique. Elle a représenté l’Isère aux Mini Volleyades en Juin. Kehan a un profil plus complet et s’avère être d’ailleurs plus précoce techniquement que Léia. Ce qui fera certainement la différence dans les prochaines années sera la partie physique, Léia était une athlète déjà à 11 ans. Mais techniquement, Kehan est en avance sur sa sœur… Elle va se régaler.

 

En revenant au sport, attaches tu de limportance à la préparation mentale ?

C’est même essentiel ! Si tu es quelqu’un de passionné, tu vas t investir plus et amener ce plus mentalement sur le parquet, en faire bénéficier tes coéquipières. Il faudrait d’ailleurs pousser les jeunes à aller voir du haut niveau pour qu’ils et qu’elles s’en imprègnent… Que le volley devienne une passion. Cela fera la différence entre une joueuse moyenne et une bonne joueuse

 

Le manque de visibilité du volley dans les médias nest un secret pour personne, que fautil faire pour intéresser les jeunes dans ce sport ?

Il faudrait amener les filles et les garçons voir des matchs Elite de Grenoble ou N3 à Seyssins ou à Grenoble. Les écoles de volley devraient y aller et les clubs pro ouvrir leurs portes à cet effet. Mes filles se sont identifiées au papa, à la maman, oncles et tantes, mais chez les autres, il faudrait que ces enfants s’imprègnent du haut niveau. Nous l’avions fait au Touvet en amenant l’école de Volley à Lyon voir un match de pro. Le comité de l’Isère pourrait peut-être proposer une ou plusieurs sorties chaque saison le week end après les plateaux pour aller voir une rencontre à Grenoble, à Seyssins ou à Lyon. Un autre exemple, Kler et certaines Seyssinoises ont pu approcher Victoria Ravva et s’entrainer avec elle au Elite Camp le mois dernier, elles en gardent de très grands souvenirs, elles se sont un peu identifiées dans cette championne.

 

Tu as joué deux saisons il y a une vingtaine dannées à Seyssins, comment qualifierais tu ce club ?

Comme un club familial avec de belles valeurs. La plupart des joueurs étaient issus de la formation Made in Seyssins, j’étais à part car je venais de Grenoble. J’ai eu la chance d’évoluer avec BIP & Olivier Costarella par exemple

 

L'équipe 1 Masculine Saison 1996/1997 - Dim #10 (en bas à gauche)

Tu as arrêté ta carrière de joueur pour entraîner ?

Cette vocation est venue bien avant. En effet, à Grenoble, j entrainais déjà une équipe cadettes quand j’étais moi-même junior. Parti à Echirolles, j’ai entrainé une équipe Junior du GUC qui n’était pas encore appelé le GVUC. Fontaine m’a fait signe lorsque j’ai quitté Seyssins. J’ai pu entrainer finalement 5 saison au Touvet. Mais je vais faire une pause désormais pour regarder jouer mes filles en tant que papa, et non plus avec ma casquette d’entraineur.

 

Si tu avais une personne de Seyssins à citer, ce serait

Jacques Le Meur, sans hésiter ! C’est la personnalité emblématique du club, il a formé tant de générations, il a gagné beaucoup de titres en jeunes. Il m’a marqué lors de mon passage à Seyssins dans son rôle d’éducateur

 

Et si tu devais résumer Seyssins en quelques mots

C’est le Club de Volley de l’agglo qui forme des filles depuis 40 ans, tant quantitativement que qualitativement… La plupart des meilleures joueuses de l’agglo doivent beaucoup à ce club, un peu comme Saint Egrève qui était la référence chez les garçons !  Ensuite, devenues Juniors ou Seniors, les seyssinoises étaient dispatchées dans les différents clubs de l’agglo. Même encore de nos jours, les joueuses et joueurs du club bénéficient d’excellentes conditions d’entraînements avec une salle de musculation à disposition, un gymnase dédié au volley. Perso, je n’en garde que de bons souvenirs.

Justine, peux-tu nous présenter le Volley Elite Camp en quelques mots ? Comment en expliques-tu le succès ?

Nous venons de clore la deuxième édition du Volley Elite Camp à Romans sur Isère. Ce stage 100% féminin est à l'initiative de Victoria Ravva et Yan Fang et s'inscrit dans la dynamique des Campus Sports au Féminin initiée par le stage de basket mené par Céline Dumerc depuis 4 ans dans la ville voisine de Bourg-de-Péage. Ouvert à toutes de 12 à 20 ans, ce camp est une occasion unique pour les jeunes volleyeuses venues de partout en France (et même de Belgique) de pouvoir côtoyer les plus grands champions de volley et de progresser auprès d'entraîneurs qualifiés. Le camp a accueilli cette année 60 stagiaires, c'est un peu plus que lors de la première édition et il nous tarde déjà d'organiser la troisième pour faire grossir l'événement !

Les Seyssinoises M13 présentes au VEC 2018 en compagnie Yan Fang

Le Volley Elite Camp sinscrit cette année dans cette organisation multi-sports. Quel en est le périmètre ?

Le Volley Elite Camp fait partie des trois stages que compose actuellement le Campus Sports au Féminin imaginé par Didier Servant son organisateur. Après le basket avec Céline Dumerc il y a 4 ans, le volley l'an passé avec Victoria Ravva et Yan Fang, c'était au tour du foot féminin de faire son entrée cette année grâce à l'ancienne internationale et pionnière du foot féminin en France, Marinette Pichon. Ces trois stages qui ont réuni près de 300 sportives cette année, entendent contribuer à l'essor et la médiatisation du sport féminin dans des territoires où on ne s'y attend pas, loin des grandes métropoles. Ce pari fonctionne puisque cette année encore les médias locaux et régionaux ont couvert l'événement avec notamment la présence de France 3 sur les terrains de foot ou encore Le Sport Dauphinois et SportMag.fr

 

Pour revenir au Volley, le staff sportif semble adapté pour répondre aux attentes des M13 jusquaux M20.

Après une première année expérimentale, nous sommes montés en puissance du côté du staff sportif avec pas moins de six coachs présents sur place aux côtés de Victoria Ravva et Yan Fang. Pour pouvoir répondre aux attentes très diverses suivant l'âge et le niveau des stagiaires, plusieurs groupes ont été constitués. Cyrille Sanchez, coach formateur au club de Rixheim a ainsi encadré la vingtaine de benjamines aux côtés de Stevens Guedikian, cadre technique au comité Drôme/Ardèche de volley et responsable de la détection départementale des M13. Chez les plus grandes, les volleyeuses ont pu profiter de l'expérience d'Hélène Groc, ancienne passeuse internationale française avec plus de 100 sélections en Equipe de France mais aussi du duo d'entraîneurs de l'équipe Elite féminine de Romans, Maximilien de Parmentier et Laaziz Biba. Pour compléter l'équipe, Adrien Clément a aussi pu distiller ses conseils de joueur pro.

 

Quel est lorigine des stagiaires cette semaine ?

On aurait pu s'attendre à avoir beaucoup de locales mais dès la première édition l'an dernier, on s'est aperçu que la dimension de ce stage dépassait largement le territoire Drômois. Nous avons accueilli quelques iséroises, des romanaises bien entendu, mais aussi des franciliennes, des nordistes, une marseillaise ou encore quatre belges en provenance du Tchalou Volley. Près d'une vingtaine de stagiaires avait d'ailleurs déjà fait le déplacement l'an passé et est volontiers revenue, preuve que le stage fonctionne !

Séance de dédicaces avec Victoria Ravva 

Peux-tu décrire une journée type dune stagiaire au Volley Elite Camp ?

Les stagiaires ont toutes suivi trois séances d'entraînement par jour : l'une le matin axée sur la technique pure et les deux autres séances de l'après-midi tournées vers la mise en pratique en situation de jeu. L'intensité des entraînements a varié suivant le niveau des groupes. Le tout entrecoupé d'analyse vidéo sous la houlette de Yan Fang. Ce dernier a d'ailleurs pris en charge plusieurs exercices spécifiques à la passe par exemple durant les séances. Les M17/M20 ont quant à elles pu bénéficier d'une séance de préparation mentale avec un célèbre entraîneur et ancien joueur de football, Denis Troch présent sur place. C'est un peu la philosophie des Campus, allier à la fois la pratique de la discipline mais aussi offrir des temps communs à tous les sports permettant aux stagiaires de se rencontrer.

 

Et Victoria Ravva, comment intervient-elle auprès des volleyeuses ? Est-elle accessible ?

Victoria Ravva est fidèle à elle-même, souriante, prévenante, à l'écoute... c'est un peu la maman de toutes nos stagiaires. Elle n'hésite pas à prodiguer ses conseils, à corriger quelques petits gestes techniques et même à... soigner les petits bobos. Et on l'imagine dans ces cas là, rien ne vaut un strapping fait par une si grande championne ! Vica se prête facilement aussi au jeu des interviews, des photos, des autographes, c'est toujours un grand plaisir pour elle comme pour nous, que de l'avoir à nos côtés. 

Le groupe Volley Elite Camp 2018 au complet

Un grand merci à Justine pour sa disponibilité pendant et après le stage ! ;)